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A woman with red hair wearing a high-visibility vest holds a tablet and gestures while speaking to colleagues in a warehouse. Stacks of lumber are visible in the background. Another person in a high-visibility vest listens attentively.

À retenir

  • Les risques ne s’arrêtent pas aux portes de l’usine. Alors que la production dépend de plus en plus de fournisseurs et partenaires externes, une interruption peut trouver son origine à n’importe quel niveau de la chaîne d’approvisionnement. 
  • L’anticipation doit remplacer la gestion de crise. Les industriels les plus résilients renforcent leur connaissance des menaces pour mieux détecter les vulnérabilités au sein de leur réseau de fournisseurs. 
  • La conformité contribue à la continuité de la production. Une meilleure maîtrise des risques tout au long de la chaîne d’approvisionnement permet de réduire les interruptions, d’améliorer la prévisibilité et de renforcer les performances de l’entreprise.

Les risques ne s’arrêtent plus aux portes de l’usine

Les arrêts de production ne sont pas un phénomène nouveau dans l’industrie. Pannes d’équipement, accidents du travail, pénuries de matières premières ou tensions géopolitiques : les facteurs de risques sont bien connus. À cela s’ajoutent les exigences réglementaires auxquelles les industriels doivent répondre et le risque de sanctions en cas de non-conformité.

Mais avec des chaînes d’approvisionnement toujours plus complexes et imbriquées, la donne a changé. Il ne suffit plus aux industriels de sécuriser leurs propres opérations et d’en assurer la conformité réglementaire. Les risques s’étendent désormais à l’ensemble de leurs relations avec des tiers. D’où l’importance d’avoir une visibilité suffisante sur des réseaux parfois très vastes de fournisseurs et partenaires critiques.

Des risques cachés derrière les fournisseurs directs

Les industriels évoluent au sein d’écosystèmes de plus en plus étendus. Logiciels, matières premières, composants, transport, sous-traitance : leur activité dépend d’une multitude d’acteurs externes. Renault Group, par exemple, doit gérer les flux de plus de 100 000 références de pièces provenant de plus de 4 000 fournisseurs directs.

Il serait irréaliste de vouloir surveiller chacun d’eux avec la même attention. C’est pourquoi les entreprises concentrent leurs efforts sur les partenaires les plus critiques, ceux dont la défaillance pourrait directement perturber leurs opérations. Pour les autres, les contrôles sont généralement proportionnés au niveau de risque. Cette approche permet de gérer efficacement les menaces sans mobiliser les mêmes ressources pour tous les fournisseurs.

Il ne faut pas non plus oublier qu’un fournisseur direct peut lui-même dépendre de multiples acteurs sur lesquels l’entreprise n’a que peu, voire aucune visibilité. Il suffit alors qu’une catastrophe naturelle, un conflit ou une cyberattaque frappe un maillon plus éloigné pour que les répercussions remontent sur toute la chaîne jusqu’aux lignes de production.

C’est là que se situe l’un des principaux défis de la gestion du risque fournisseur dans l’industrie : détecter suffisamment tôt des vulnérabilités qui se trouvent parfois plusieurs niveaux en amont. La gestion des risques tiers prend alors tout son sens. En 2025, une majorité des répondants à une enquête NAVEX considéraient que leur programme d’évaluation des tiers jouait un rôle clé dans la réduction des risques juridiques, financiers et réputationnels.

Pour autant, les incidents persistent. En 2026, 15 % des responsables du secteur industriel ont déclaré avoir connu, au cours des deux années précédentes, un incident éthique ou de conformité impliquant un tiers. Et 29 % des répondants du secteur prévoient d’accroître dans l’année leurs investissements dans l’évaluation des tiers.

Cyber, tiers, opérations : des frontières qui s’effacent

Certains fournisseurs sont aujourd’hui si étroitement intégrés aux activités des industriels qu’une défaillance de leur côté peut avoir les mêmes conséquences qu’un incident interne. Risques tiers, cyber et opérationnels sont aussi de plus en plus interdépendants, avec des conséquences directes sur la continuité de la production.

Cette convergence pousse les entreprises à décloisonner leur gestion des risques et à adopter une vision plus globale. Cette tendance semble déjà à l’œuvre dans l’industrie : interrogés en 2026 sur les difficultés rencontrées au cours des douze derniers mois, seuls 25 % des responsables des risques et de la conformité du secteur industriel ont cité le manque d’alignement entre les différentes fonctions dans leur manière de comprendre, d’aborder et de traiter les risques.

Mais la collaboration entre les équipes a encore des progrès à faire dans le secteur industriel. Dans l’ enquête NAVEX menée en 2025, les professionnels de la conformité étaient moins nombreux que la moyenne des autres secteurs à faire état de relations étroites avec plusieurs fonctions clés, notamment la protection des données, la finance, l’audit et les ressources humaines.

Le manque de visibilité, un risque pour les industriels

Aussi essentiel soit-il, un fournisseur reste une entreprise extérieure. L’industriel n’aura jamais sur lui la même visibilité que sur ses propres activités. Pour réduire cet angle mort, le processus de la gestion des risques doit s’appuyer sur une collaboration étroite entre les différentes équipes de l’entreprise et sur un suivi continu, avec une fréquence et un niveau de contrôle adaptés aux risques liés à chaque fournisseur.

En 2025, près de trois quarts des personnes interrogées par NAVEX dans le secteur industriel estimaient que leur organisation était au moins assez performante dans ce domaine. Mais le suivi des risques ne suffit pas. Il faut aussi que la direction en ait une vision claire pour orienter ses choix stratégiques. Un tableau de bord commun peut notamment faciliter le partage des informations essentielles et donner une vision plus globale de l’exposition de l’entreprise. Or, la même année, seuls 32 % des répondants du secteur industriel indiquaient disposer d’un programme centralisé et intégré de gestion des risques piloté par la direction.

La résilience, un avantage concurrentiel

Les industriels évaluent leurs fournisseurs, mais leurs clients font de même avec eux. Au-delà du prix et de la qualité, une question devient déterminante : l’entreprise sera-t-elle capable de livrer le produit attendu, au moment prévu, même en cas d’imprévu ? La résilience et la continuité de la production deviennent ainsi de véritables facteurs de différenciation.

Dans l’industrie, les dirigeants semblent d’ailleurs reconnaître la valeur stratégique de la conformité. En 2026, 82 % des répondants du secteur se disent tout à fait ou plutôt d’accord avec l’affirmation selon laquelle leurs dirigeants considèrent les programmes de conformité comme un avantage stratégique pour l’entreprise. Outre le respect des normes, la conformité participe directement à l’effort de maîtrise des risques et de continuité des opérations.

Cette reconnaissance peut donner aux responsables des risques et de la conformité plus de poids pour obtenir les outils et les ressources dont ils ont besoin. L’enjeu est de mieux anticiper les vulnérabilités, renforcer la résilience de l’entreprise et réduire les risques susceptibles de mettre la production à l’arrêt.

A straight-on view of multiple rows of large, empty metal shelving units in a brightly lit warehouse or storage facility, creating a symmetrical corridor between the racks.

Trois actions pour une chaîne d’approvisionnement plus résiliente

Quelle que soit leur taille, les industriels peuvent agir pour mieux maîtriser les risques liés à leur chaîne d’approvisionnement et renforcer leur résilience.

  1. Mieux évaluer les risques tiers grâce à l’IA. En 2026, 14 % des responsables des risques et de la conformité du secteur industriel interrogés par NAVEX déclarent déjà utiliser l’IA pour évaluer les risques liés aux tiers. Bien intégrée aux processus de conformité, l’IA peut faciliter l’analyse de réseaux de fournisseurs complexes et accélérer la détection des menaces.
  2. Anticiper plutôt que réagir. Une perturbation majeure peut survenir loin en amont sur la chaîne d’approvisionnement. Pour mieux l’anticiper, les industriels doivent élargir et renforcer le suivi de leur réseau de fournisseurs. Des solutions dédiées et une collaboration plus étroite entre les différentes fonctions permettent de gérer les risques fournisseurs de manière plus proactive, sans nécessairement mobiliser plus de ressources.
  3. Décloisonner la gestion des risques. Les risques liés aux tiers, à la cybersécurité et aux opérations sont souvent interdépendants. En favorisant le partage d’informations entre les différentes fonctions, les responsables de la conformité peuvent aider la direction à mieux comprendre ces interactions et à coordonner sa réponse.

Une chaîne d’approvisionnement plus solide, une activité plus résiliente

Les responsables de la conformité ont un rôle clé à jouer pour mieux maîtriser les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement et contribuer à la continuité des activités industrielles.

Découvrez comment une approche intégrée de la gestion des risques tiers peut vous aider à gagner en visibilité, à réduire les risques et à sécuriser vos opérations sur l’ensemble de vos sites, de vos fournisseurs et de vos marchés.